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| "je suis étudiant kiné 2eme année et je vous remercie pour ces précisions.Cependant je voudrais savoir comment le praticien peut-il savoir si la douleur se centralise ou non?Combien de mouvements a peu près demande-t-on d'effectuer? Le travail dans la direction centralisante se fait comment? Mobilisations passives puis actives aidées puis actives en décharge puis en charge? puije avoir quelques précisions? je vous remercie d\'avance et merci encore pour cette page qui m'éclaire enfin sur la mistérieuse méthode McKenzie"
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Bonjour,
Une bonne partie du travail pour le praticien formé à la méthode McKenzie consiste à obtenir les informations du patient. Il importe d'une part pendant que le patient effectue un mouvement dans une direction donnée, mais surtout à l'issue d'une série mouvement effectués dans cette meme direction (tests des mouvements répétés) de savoir si la douleur change de topographie, et donc d'établir si elle centralise ou périphérise. Pour certains patients, la douleur ne change pas de topographie, et va juste changer en intensité. Dans ce cas la préférence directionnelle sera celle qui réduit et aboli les symptomes. On commence (presque) toujours par des mobilisations actives ou plutot auto-passives (forces générées par le patient). Si la réponse n'est pas claire après plusieurs séries, il peut etre intéressant d'augmenter les forces dans la direction testée, et donc de progresser à des surpressions du patient ou du thérapeute. Les tests en charges sont plus parlant pour déterminer la direction qui aggrave le patient, les tests en décharge pour détermine la direction qui améliore le patient.
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| "Est-ce que la methode utilise des thérapies manuelles,et quelle est leur place (à ces therapies) dans la methode?"
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| Les mobilisations passives manuelles et même les manipulations font partie intégrante de la méthode McKenzie. Par contre dans la philosophie de cette approche, elles ne sont utilisées qu'en deuxième intention. On explore d'abord les possibilités d'auto-traitemet (forces générées par le patient) avant d'avoir recours à des techniques passives. Comme la finalité de l'approche McKenzie est de rendre le patient autonome, si on intervient passivement d'emblée, le message que cela communique au patient est contraire au but recherché. Il existe cependant des exceptions : Quand le patient se présente avec un blocage aigu en shift latéral (attitude en baïonnette) ou en torticolis, il est souvent nécessaire de l'assister manuellement dès le départ. De façon générale, les techniques passives seront utilisées quand les résultats atteints avec les techniques actives sont partiels et insuffisants, donc dans le cadre d'une progression des forces.
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| Quelles seraient les notions clés qui permettraient de résumer la méthode McKenzie ? |
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Auto-traitement
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Tests des mouvements répétés
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Préférence directionnelle, centralisation, périphérisation
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Classification par syndrome
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Travail en extension et en lordose fréquent
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| Pourquoi une telle insistance sur l’auto traitement ? |
| Une
des caractéristiques les plus importantes des rachialgies est qu'elles
ont un taux de récurrence élevé. L'idée de pouvoir traiter ces
problèmes de façon ponctuelle et définitive est souvent illusoire.
Pour beaucoup de patients, ces douleurs devront être "gérées" au long
court, toute leur vie durant. A ce titre, il paraît donc très
important de donner aux patients des outils qui leur permettront de
faire passer leur douleur et retrouver leurs amplitudes articulaires
quand ils se sont "bloqués". De plus, les mêmes mouvements qui
permettent de traiter les douleurs pourront être utilisés de façon
préventive. |
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| En quoi consistent ces techniques d’auto traitement ? |
| Elles
sont surtout constituées d'exercices actifs simples que le patient peut
effectuer plusieurs fois par jour. Les séquences d'exercices sont
généralement très courtes (quelques minutes). Le processus
d'évaluation permet d'identifier quels sont le ou les exercices les
plus adaptés pour un patient donné. Les exercices doivent
impérativement être complétés par une éducation posturale en rapport
avec le type d'exercice dont le patient a besoin.
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| Qu’est-ce que vous appelez une préférence directionnelle ?
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| Lors
des tests des mouvements répétés, il est fréquent que l’on puisse
identifier que les symptômes répondent de façon « directionnelle » :
Une direction (parfois plusieurs), produit une augmentation de
symptômes, alors que la direction opposée permet de les réduire ou de
les abolir. Par exemple la flexion lombaire produit et augmente les
douleurs lombaires basses, alors que l’extension les réduit. On parle
alors de préférence directionnelle (directionnal preference). |
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| Qu’est-ce que la centralisation de la douleur ? |
| Souvent,
une direction de mouvement permet de « centraliser » les douleurs,
c’est à dire de déplacer les douleurs vers une localisation plus
proximale (si la douleur était irradiée ou radiculaire), ou plus
centrale si elle était seulement latérale. En présence d’une
sciatalgie, d’une cruralgie ou d’une NCB, la douleur se rapproche de la
racine du membre. Autre exemple, si la douleur est en travers de la
charnière lombo-sacrée, la douleur se concentre au milieu sur la région
L5/S1.
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| En quoi la centralisation de la douleur est-elle si importante? |
| Depuis
toujours, les thérapeutes qui travaillent sur le rachis ont cherché
avec leurs techniques de traitement à diminuer et quand c’est possible
à abolir rapidement les douleurs. Cependant fréquemment, au lieu de
changer en intensité, les douleurs du patient se déplacent. La
connaissance du phénomène de centralisation permet d’avoir une grille
de lecture pour interpréter ces modifications : Si la douleur se
rapproche de la racine du membre ou de la ligne médiane, le changement
est quasiment toujours positif. De nombreuses études le montrent.
Cela reste vrai même si parfois la centralisation s’accompagne d’une
augmentation transitoire des douleurs. Quand la douleur centralise, on
peut donc tolérer une augmentation momentanée des symptômes.
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| En quoi consistent les tests des mouvements répétés ? |
| Lors
de ces tests, et ce pour le niveau du rachis concerné, on demande au
patient d'effectuer des séries de mouvements, en flexion, extension, en
inclinaison latérale ou en rotation suivant les cas. Parfois il faudra
combiner les plans de mouvements. Cela permet de déterminer si ces
mouvements changent les symptômes du patient, et d'identifier les
directions de mouvement qui seront thérapeutiques pour un patient
donné. De nombreuses études montrent que les tests des mouvements
répétés sont reproductibles intra et inter-examinateurs, et par
conséquent qu'ils sont fiables. Ces tests ont aussi démontré leur
validité dans l'identification de la direction dans laquelle un patient
doit effectuer des exercices ou être mobilisé. De plus, la réponse à
ces tests a une forte valeur pronostic. les "centraliseurs", c'est à
dire les patients qui auront une préférence directionnelle claire, et
pour lesquels les mouvements répétés dans le sens conforme à la
préférence directionnelle centralisent leur douleur, le pronostic est
excellent. Par contre les "non-centraliseurs" ont de très fortes
chances d'évoluer vers la chronicité (voir articles de référence de M.
Werneke). |
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| Comment se
fait-il que les techniques en extension aient été exclues de l'arsenal
thérapeutique pendant aussi longtemps si elles sont si souvent
efficaces? Autrement dit, comment se fait-il que l'on se soit
trompé pendant si longtemps? |
| Lors
des tests des mouvements répétés, il est fréquent d'observer un
phénomène de "réponde paradoxale". Le mouvement qui avec la répétition
aggrave les symptômes du patient est ressenti comme thérapeutique et
même parfois "agréable" initialement, alors que les mouvements dans ce
qui s'avèrera être la préférence directionnelle sont initialement
douloureux et laborieux. Par exemple, cela se traduira souvent
cliniquement par une situation dans laquelle les tests en flexion
seront perçus comme utiles en début de test ("l'exercice étire la zone
du dos qui me fait mal, mais j'ai l'impression que j'en ai besoin" dit
le patient). Cependant, après plusieurs séries de mouvements en
flexion, ces derniers aggravent les symptômes. Inversement,
initialement les mouvements en extension sont limités et douloureux et
peuvent être perçus comme délétères. Ce n'est que si l'on insiste
suffisamment que la douleur centralise et diminue avec l'exension. Il
paraît donc evident que dans le passé les techniques en lordose et en
extension aient été exclues par manque de compréhension de cette
réponse paradoxale. De plus, un argumentaire important, et à première
vue convaincant avait été développé pour justifier le travail en
délordose (la délordose réduit les contraintes sur l'arc postérieur,
ouvre le canal rachidien et les foramens intervertébraux etc.). Au fil
des années, ces arguments ont fini par sembler tellement solides que
personne ne songeait à les remettre en question. Seul une observation
fortuite telle que celle que Robin McKenzie a fait au tout début de ses
recherches cliniques pouvait permettre de remettre en quesion ce qui
était devenu un dogmen: La lordose excessive était alors considérée
comme la cause de la majorité des douleurs lombaires, et toute
rééducation bien pensée devait passer par la délordose. De nombreuses
études scientifiques ont maintenant montré que beaucoup plus de
patients répondent favorablement à des stratégies en lordose qu'à des
stratégies en délordose.
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| Quelles sont les indications de la méthode McKenzie ? |
| La méthode McKenzie est indiquée dans toutes les affections mécaniques du rachis et des extrémités. Ce
qui englobe toutes les rachialgies mécaniques non-spécifiques, mais
cette approche est souvent utile dans l’évaluation et le traitement de
patient souffrant de radiculopathies en rapport avec des hernies
discales, un canal lombaire étroit ou une stenose foraminale. |
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| Dans quels cas la méthode McKenzie est-elle contre-indiquée ? |
| Elle
est contre-indiquée dans tous les cas où les actions mécaniques sur le
rachis seront contre-indiquées (pathologies osseuses, cancer,
pathologies inféctieuses articulaires ou osseuses, pathologies
inflammatoires en phase aiguë etc...).
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| Le
travail en extension n'est il pas contre-indiqué quand il existe une
arthrose importante des articulations inter-apophysaires postérieures? |
| L'arthrose
interapophysaire postérieure est aussi souvent présentes sur les
radiographies des personnes asymptomatiques que sur celles des
personnes symptomatiques après l'age de 45 ans, ce qui amène à
relativiser l'importante clinique que peuvent avoir ces
modifications. De toutes façons, l'examen McKenzie est basé sur la
réponse symptomatique du patient lors des tests des mouvements
répétés. Si à l'issue des tests le thérapeute décide de demander au
patient de travailler en extension, c'est que cette direction de
mouvement produit une amélioration et/ou une centralisation des
douleurs, ainsi qu'une amélioration des amplitudes articulaires.
Comment est ce qu'un exercice qui produit des amélioration
symptomatiques et mécaniques significatives pourrait il être une cause
d'aggravation de l'arthose? |
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| La méthode McKenzie n'est elle pas contre-indiquée en présence d'un spondylolisthésis?
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| Si un spondylolisthésis s'avère pertinent, c'est à dire qu'il est véritablement la cause des symptômes dont se plaint un patient, la réponse clinique pendant les tests des mouvements répétés sera celle que l'on attendrait d'une instabilité articulaire. Aucun mouvement ne pourra réduire, centraliser ou abolir les douleurs, et il sera rapidement apparent que la méthode McKenzie est contre-indiquée. Par contre il est érroné de penser que tous les spondylolisthésis s'accompagnent d'une instabilité (voir "Is there instabilité un spondylolisthesis?" Pearcy et Shepherd Spine 1985). Il n'est pas rare que des patients dont les radiographies indiquent qu'ils ont un spondylolisthésis aient une préférence directionnelle caractèristique d'un syndrome de dérangement lors des tests des mouvements répétés. Cela laisse entendre que leur spondylolisthésis est stable, et que leur douleur vient probablement d'un segment sus ou sous-jacent. Dans l'optique McKenzie, on traitera ces patients comme n'importe quel patient qui présente avec un syndrome de dérangement, en utilisant la préférence directionnelle (même si cette dernière est en extension...).
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| La méthode McKenzie est elle contre-indiquée en présence d'une ostéoporose avérée? |
| La
présence d'une ostéoporose invite bien sur à beaucoup plus de prudence
dans le choix des techniques. Quand cette dernière est sévère, le
thérapeute devra n'utiliser que des techniques actives et éviter les
techniques passives. Par contre le fait de bouger et d'appliquer des
contraintes mesurées sur le rachis n'est certainement pas délétère pour
une colonne vertébrale ostéoporotique, puisque cela stimule le
métabolisme osseux. ?
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| N’y a-t-il donc aucune place pour la rééducation classique en délordose et en rétroversion dans la méthode McKenzie? |
| Le
travail en délordose est utilisé dans la méthode McKenzie quand les
tests des mouvements répétés indiquent clairement qu'un patient a une
préférence directionnelle en flexion. Cela ne constitue qu'une petite
partie de la population des patients lombalgiques, mais il serait bien
sûr absurde de faire travailler ces patients en lordose si cela aggrave
leur symptômes. Pour ce groupe de patients le travail en délordose
sera cependant insuffisant: Il faudra les faire travailler en flexion
non seulement en décharge, mais aussi en charge, ce dont on a souvent
eu peur de faire précédemment. Une progression d'exercices en flexion
sera utilisée pour le traitement de ces patients.
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| Faut-il aussi abandonner le renforcement des muscles abdominaux ?
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| Les
muscles abdominaux sont d'important stabilisateurs du tronc et en tant
que tel il peut être important de les renforcer. Cependant un volume
important de recherches isocinétiques a démontré que la grande majorité
des patients lombalgiques chroniques souffrent d'un déficit des muscles
spinaux beaucoup plus important. Leur ratio Fléchisseurs/Extenseurs,
qui avoisinne les 0.7-0.8 chez les sujets asymptomatiques est pour la
plupart supérieur à 1. Il est par conséquent beaucoup plus important
de commencer par renforcer les muscles spinaux pour les patients
lombalgiques chroniques. Il est intéressant de noter que le muscle
transverse tend le raphée latéral et rend les muscles spinaux plus
efficaces et qu'à ce titre ce dernier il est utile de le faire
travailler en même temps que les spinaux. Robin McKenzie quand à lui
considère qu'il n'est que très rarement utile de renforcer les muscles
du tronc de façon analytique, et que la reprise graduelle des activités
professionnelles et sportives, ainsi que celle des loisirs (bricolage,
jardinage par exemple) suffit le plus souvent à restaurer la force et
l'endurance des stabilisateurs du tronc.
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La méthode McKenzie n'est-elle qu'une résurgence de la rééducation en lordose qui était en vogue au début du siècle?
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| La méthode
McKenzie ne se résume pas à une méthode en lordose. Malheureusement,
elle est habituellement répertoriée comme telle. S'il est vrai que
cette méthode conduit très fréquemment à faire travailler les patients
en extension et en lordose, elle peut aussi dans certain cas amener à
faire travailler les patients en flexion et en délordose! En réalité,
cette approche est avant tout un mode de raisonnement clinique, qui
conduit souvent souvent à faire travailler les patients en lordose,
mais seulement si les tests cliniques l'indiquent.
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| Comment
se fait-il que la méthode McKenzie n'arrive que maintenant en France,
alors q'uelle est utilisée par un nombre très important de thérapeutes
depuis près de 25 ans dans les pays anglo-saxons? |
| L'explication
est probablement essentiellement linguistique.
Les kinésithérapeutes français lisent très rarement l'anglais, langue
dans laquelle la plupart des parutions sur la méthode McKenzie ont été
publiées. De plus, les kinésithérapeutes français ne travaillent que
rarement à l'étranger, et jusqu'à récemment, très peu de praticiens
étrangers arrivaient à travailler en France, ce qui limitait les
échanges. |
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