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| La méthode McKenzie n’est-elle pas qu’une résurgence de la rééducation en lordose qui était en vogue au début du siècle ?
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La méthode McKenzie ne se résume pas à une méthode en lordose. Malheureusement, elle est habituellement répertoriée comme telle. S’il est vrai que cette méthode conduit très fréquemment à faire travailler les patients en extension et en lordose, elle peut aussi dans certain cas amener à faire travailler les patients en flexion et en délordose ! En réalité, cette approche est avant tout un mode de raisonnement clinique, qui conduit souvent à faire travailler les patients en lordose, mais seulement si les tests cliniques l’indiquent.
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| Quelles seraient les notions clés qui permettraient de résumer la méthode McKenzie ?
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· Auto-traitement
· Test des mouvements répétés
· Préférence directionnelle, centralisation, périphérisation
· Classification par syndrome
· Travail en extension et en lordose fréquent
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| Pourquoi une telle insistance sur l’auto traitement ?
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Une des caractéristiques les plus importantes des rachialgies est qu’elles ont un taux de récurrence élevé. L’idée de pouvoir traiter ces problèmes de façon ponctuelle et définitive est souvent illusoire. Pour beaucoup de patients, ces douleurs devront être « gérées » au long court, toute leur vie durant. Il paraît donc très important de donner aux patients des outils qui leur permettront de faire passer leur douleur et retrouver leurs amplitudes articulaires quand ils se sont « bloqués ». De plus, les mêmes mouvements qui permettent de traiter les douleurs pourront être utilisés de façon préventive.
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| En quoi consistent les exercices à effectuer à la maison?
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| Il s’agit de séquences d’exercices très simples qui ne prennent le plus souvent qu’une ou deux minutes à effectuer. Par contre il faudra initialement les effectuer plusieurs fois par jour. Une prescription d’exercice courante sera de faire les exercices toutes les deux heures et « au besoin », c'est-à-dire quand les douleurs surviennent afin de les soulager. Pour compléter les exercices, il faudra aussi éviter d’adopter les positions (souvent certaines façons de s’asseoir) qui ont été identifiées comme étant responsables de la perpétuation des douleurs pour un patient donné.
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| Qu’est-ce que vous appelez une préférence directionnelle ?
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Lors des tests des mouvements répétés, il est fréquent que l’on puisse identifier que les symptômes répondent de façon « directionnelle » : Une direction (parfois plusieurs), produit une augmentation de symptômes, alors que la direction opposée permet de les réduire ou de les abolir. Par exemple la flexion lombaire produit et augmente les douleurs lombaires basses, alors que l’extension les réduit. On parle alors de préférence directionnelle (directionnal preference).
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| Qu’est-ce que la centralisation de la douleur ?
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Souvent, une direction de mouvement permet de « centraliser » les douleurs, c’est à dire de déplacer les douleurs vers une localisation plus proximale (si la douleur était irradiée ou radiculaire), ou plus centrale si elle était seulement latérale. En présence d’une sciatalgie, d’une cruralgie ou d’une NCB, la douleur se rapproche de la racine du membre. Autre exemple, si la douleur est en travers de la charnière lombo-sacrée, la douleur se concentre au milieu sur la région L5/S1.
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| En quoi la centralisation de la douleur est-elle si importante ?
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Depuis toujours, les thérapeutes qui travaillent sur le rachis ont cherché avec leurs techniques de traitement à diminuer et quand c’est possible à abolir rapidement les douleurs. Cependant fréquemment, au lieu de changer en intensité, les douleurs du patient se déplacent. La connaissance du phénomène de centralisation permet d’avoir une grille de lecture pour interpréter ces modifications : Si la douleur se rapproche de la racine du membre ou de la ligne médiane, le changement est quasiment toujours positif. De nombreuses études le montrent. Cela reste vrai même si parfois la centralisation s’accompagne d’une augmentation transitoire des douleurs. Quand la douleur centralise, on peut donc tolérer une augmentation momentanée des symptômes.
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| En quoi consistent les tests des mouvements répétés ?
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Lors de ces tests, et pour le niveau du rachis concerné, on demande au patient d’effectuer des séries de mouvements, en flexion, en extension, en inclinaison latérale, ou en rotation suivant les cas. Parfois il faudra combiner les plans de mouvements. Cela permet de déterminer si ces mouvements changent les symptômes du patient, et d’identifier les directions de mouvement qui seront thérapeutiques pour un patient donné. De nombreuses études montrent que les tests de mouvements répétés sont reproductibles intra et inter-examinateur, donc qu’ils sont fiables. Ces tests ont aussi démontré leur validité dans l’identification de la direction dans laquelle un patient doit effectuer des exercices ou être mobilisé. De plus, la réponse à ces tests a une forte valeur pronostic. Les « centraliseurs », c'est-à-dire les patients qui auront une préférence directionnelle claire, et pour lesquels les mouvements répétés dans le sens conforme à cette préférence directionnelle centralisent la douleur, le pronostic est excellent. Par contre les « non-centraliseurs » ont de très fortes chances d’évoluer vers la chronicité (voir articles de référence de M. Werneke)
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| Quelles sont les indications de la méthode McKenzie ?
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La méthode McKenzie est indiquée dans toutes les affections mécaniques du rachis et des extrémités. Ce qui englobe toutes les rachialgies mécaniques non-spécifiques, mais cette approche est souvent utile dans l’évaluation et le traitement de patient souffrant de radiculopathies en rapport avec des hernies discales ou des stenoses foraminales.
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| N’y a-t-il donc aucune place pour la rééducation classique en délordose (bascule du bassin en rétroversion)?
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| Le travail en délordose est utilisé dans la méthode McKenzie quand les tests des mouvements répétés indiquent clairement qu’un patient a une préférence directionnelle en flexion. Cela constitue une petite partie de la population des patients lombalgiques, mais bien sûr il serait absurde de faire travailler ces patients en lordose si cela aggrave leurs symptômes. Pour ce groupe de patients le travail en délordose sera cependant insuffisant : il faudra les faire travailler en flexion non seulement en décharge, mais aussi en charge, ce dont on a souvent eu peur précédemment. Une progression d’exercices en flexion sera utilisée pour le traitement de ces patients.
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