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L'Institut McKenzie
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Les débuts : La petite histoire veut que cette méthode ait vu le jour lors d’une observation clinique de Robin McKenzie au milieu des années 50. Par un concours de circonstances, un patient qui souffrait de douleurs sciatiques et que McKenzie avait déjà traité pendant plusieurs séances s’est retrouvé par erreur dans une posture de fin d’amplitude d’extension lombaire. Lorsque McKenzie s’en rendit compte, le patient avait déjà passé plus de quinze minutes dans cette position et dans le contexte scientifique de l’époque, il avait toutes les raisons de penser que ce patient aurait dû être aggravé par cette procédure : en effet, en extension les foramen inter-vertébraux et le canal rachidien se trouvent en position de fermeture, ce qui potentiellement devrait compromettre davantage une racine nerveuse déjà souffrante. McKenzie eut la présence d’esprit de demander au patient ce qu’il ressentait dans cette posture avant de le ramener en position neutre et sa surprise fut grande d’apprendre que les douleurs avaient disparu dans le membre inférieur, avec un retour de la douleur lombaire qui avait été présente avant que n’apparaisse la douleur sciatique. Plus surprenant encore, cette modification de la topographie des symptômes persista au retour en position debout. En basant son traitement sur des postures similaires, McKenzie fut le témoin d’une disparition complète des douleurs de ce patient avec un retour rapide à une fonction complète.
De cette expérience McKenzie devait retenir trois éléments clés :
1. La centralisation de la douleur : Il est fréquent que dans l’histoire naturelle du développement d’une sciatalgie, les douleurs soient initialement lombaires, puis au fil des jours diffusent dans la fesse, la cuisse puis la jambe ou le pied (« périphérisation »). Il est immédiatement apparu à Robin McKenzie que le fait de ramener la douleur vers son lieu d’origine devait nécessairement être un bonne chose, même si temporairement cela s’accompagne d’une augmentation des douleurs lombaires. De même, en présence de douleurs uniquement locales rachidiennes, des douleurs « barre » ou des douleurs unilatérales peuvent centraliser. De nombreuses études ont maintenant montré que cette intuition initiale de McKenzie était fondée : quand la douleur centralise la direction dans laquelle un patient est mobilisé est la bonne et le pronostic est très bon. Une des innovations de l’examen et du traitement développé par McKenzie réside dans cette recherche intentionnelle d’une centralisation des symptômes.
2. L’existence d’une catégorie de patients qui répondent très favorablement à des procédures de fin d’amplitude d’extension : l’extension reste encore trop souvent un mouvement tabou dans le traitement des douleurs rachidiennes. De même, la lordose lombaire continue à faire figure de coupable dans la recherche des causes des douleurs rachidiennes. En réalité, la plupart des patients lombalgiques (mais aussi des patients cervicalgiques et dorsalgiques) ont un mode de vie en flexion et en particulier lorsqu’ils passent de nombreuses heures assis en cyphose dorso-lombaire. Il ne devrait donc pas être surprenant que nombre d’entre-eux auront besoin d’être mobilisés dans le sens contraire de celui dans lequel ils s’exposent à longueur de journée.
3. Le potentiel d’auto-traitement des patients : lors de cette première observation clinique, McKenzie eut la révélation que souvent des procédures simples que le patient peut effectuer lui-même sont parfois plus efficaces que des procédures complexes qui demandent un apprentissage long de la part du thérapeute, à condition que les patients les effectuent très fréquemment initialement.
Étonné par le résultat rapide qu’il avait obtenu avec ce patient, McKenzie entreprit d’explorer systématiquement et méthodiquement l’effet de l’extension, la recherche de la centralisation et l’optimisation du potentiel des techniques d’auto-traitement avec tous ses patients. Quelques années plus tard, la Méthode McKenzie était née.
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